Il est l'un des 15 derniers poilus[i]
encore en vie aujourd'hui. Agé de 106 ans,
Ferdinand Gilson est donc une vedette dans son
petit village où on lui rend hommage
aujourd'hui. Le maire et les enfants des écoles
fêteront leur héros qui a connu trois siècles et
a traversé l'histoire de France.
« Quand je suis parti à la guerre, ma mère m'a
dit : Il faut faire ton devoir, tout ton
devoir, mais pas plus que ton devoir. ».
Il n'avait que 19 ans « Nous ramassions les
armes et les morts. J'étais payé 12 francs par
fusil. Avec ça, l'adjudant nous achetait de la
nourriture, des cigarettes. » En avril 1918, il
est gazé. « Lors d'un bombardement, alors que
je cherchais à me protéger, je me suis réfugié
dans un trou. J'ai été gazé. » Il y perd
cependant un poumon. « On tenait à coup de
pinard[ii].
Certains buvaient jusqu'à 9 litres par jour...
»
Admis à l'école militaire de Fontainebleau pour
y devenir officier, c'est là qu'il apprend
l'armistice. « Mais j'ai attrapé une mauvaise
grippe qui m'a fait perdre 14 kg. »
La deuxième guerre mondiale arrive : « Dès le
début, j'ai senti monter le nazisme. Vous
savez, j'ai lu Mein Kampf et je n'ai
jamais pu admettre le martyre des Juifs. ».
Il est finalement arrêté par la Gestapo.
Relâché, il s'enrôle dans la Résistance. Avec
sa femme, il cache[iii]
des aviateurs... Un héros ordinaire.
Après la guerre, il deviendra conseiller
municipal, puis maire d'une petite commune.
Commentaire : « La guerre est le fruit
empoisonné de la sottise et de la méchanceté
réunies. » L'esprit vif, avec une mémoire
étonnante, Ferdinand Gilson vit aujourd'hui
auprès de Suzanne sa « jeune » femme âgée de 85
ans. Toujours alerte. Et surprenant. « Je
fais des mots croisés en allemand pour parfaire
la langue... ». Européen convaincu, il est
favorable à l'entrée de la Turquie dans
l'Europe. « Il ne doit plus y avoir de
frontières. Je suis d'accord avec Jacques
Chirac qui dit que la France et l'Allemagne sont
unies. ».
[i]
les soldats de la guerre de 14
|