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TRANSANTARCTICA
Médecin spécialiste de nutrition et de biologie du sport, le docteur Jean-Louis Étienne, un explorateur français, avait, depuis de longues années, conçu un grand projet: celui d'atteindre le pôle Nord en solitaire. Il réalisa son rêve et atteignit son objectif après soixante-trois jours de marche épuisante; il était soutenu par un immense désir de vaincre à tout prix et de prouver que la capacité de résistance et d'endurance de l'homme était bien supérieure à tout ce que l'on pouvait imaginer. Le 11 mars 1986 il plantait le drapeau français sur le pôle Nord.
Dès son retour, il élaborait un autre projet, plus audacieux encore: cette fois-ci il rêvait de conquérir le pôle Sud.
En 1989, il décida de lancer la plus grande expédition jamais réalisée en Antarctique afin d'attirer l'attention du monde entier sur l'avenir de ce continent et sur le rôle qu'il pourrait jouer dans l'avenir de notre planète. Il résolut de partir avec six compagnons désireux comme lui de connaître cette immense terre gelée, grande comme l'Europe et les Etats-Unis réunis. Tous savaient qu'ils auraient à vaincre des obstacles géants par rapport aux capacités de l'homme. Ils voulaient être les premiers à accomplir la traversée du plus grand désert blanc du globe. Ils étaient cependant loin d'imaginer que ce rêve mis en route à leur petite échelle allait se transformer en une énorme organisation: il fallut deux ans de préparation intensive pour mettre sur pied un projet aussi périlleux.
Leur objectif était de parcourir 6300 km en 6 ou 7 mois. Ils prévoyaient de transporter leur matériel sur trois traîneaux tirés chacun par douze chiens. Ils auraient voulu prévoir des possibilités de ravitaillement en cours de route mais il leur fallut bien vite comprendre qu'après quelques centaines de mètres à l'intérieur des terres, il n'y avait plus de vie et que leur principale préoccupation serait de pouvoir subsister en autonomie pendant six mois.
Ils avaient tous les six des motivations différentes, mais ils avaient en commun la fierté de participer à une grande première et le désir de vivre intensément une aventure exceptionnelle.
Durant ces six mois, la moyenne des températures se situait entre - 20° et - 40°: il neigeait abondamment sur cette immensité sillonnée de crevasses qu'il fallait éviter à tout prix, alors que la plupart du temps il était impossible de les deviner tant elles étaient enfouies sous la neige; et surtout il fallait tenir, tenir bon. Jean-Louis tienne, le chef de l'expédition avait à coeur de soutenir le moral de chacun de ses coéquipiers. Leurs efforts, sans cesse contrecarrés par des vents violents, avaient pour exigence de parcourir à peu près 45 km par jour et de manger juste ce qu'il fallait pour ne pas épuiser leurs provisions. Il semblait que les chiens eux-mêmes aient eu à coeur de tenir bon comme s'ils avaient compris la finalité des efforts de toute l'équipe.
Le 12 mars 1990, le pari est gagné. Les 6000 km sont franchis. Tous sont fiers d'avoir ajouté un maillon de plus à la chaîne de l'audace et de la conquête d'un sol jamais foulé. Ils pleurent de joie en rencontrant une équipe soviétique venue à leur rencontre et partagent avec eux leur premier vrai repas depuis six mois. L'expédition est finie. Dans l'avion qui le ramène à Paris, Jean-Louis Etienne rêve de repartir naviguer sur les océans polaires, de suivre les migrations de baleines et de faire découvrir à d'autres, ces régions qui sont pour lui le sommet de la conquête humaine. Il repartira quelques années plus tard, en solitaire total cette fois-ci.
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Updated 30 October 2005
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Dernière mise à jour le 30 octobre 2005